05 juillet 2008
Nous sommes deux - Juhne
Un ballon d'eau sur un mur accroché. Je pleurs. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je meurs et toi ? Un ballon accroché sur un rideau d'eau et pourtant ? Rien. Tu y crois toi à toutes ces salades ? Et si tu pouvais le faire et sans te retenir pleurer toi aussi, un peu et partir pour mieux revenir. Je m'y refuse sans raisons, je m'y refuse et pourtant. Si ça doit arriver je ne serai pas seule, quoi que... le serai-je ? Tu me manqueras. C'est certain. Je ne parle pas du pain mais de le drogue insensé qui coule à flot dans mes veines en ta présence indue. Tu y crois toi à toutes ces salades ? Je ne comprends toujours pas ce qui en toi n'est pas en moi, ce qui en nous n'existe plus pour nous. Tu as toujours voulu savoir et tu ne t'y retrouve plus de toutes ces réponses qu'on veut bien te donner et te reprendre car rien n'est gratuit en ce monde, rien que la peau de ta chair et encore je la trouve chers, chère à tes yeux aussi. Je voudrais te le dire en face si ta peau lisse m'y autorise, je voudrais être celle qui gargarise tous tes efforts, je voudrais penser que je suis celle qui pense, celle qui renie sans le vouloir et le pourvoir lui appartient. Rien qu'eux deux, deux mâles, heureux. Terrible est-elle cette infamie qui m'y pousse, terrible est-elle et bien réelle mais pas pour elle. Faire paraître au monde une étincelle immonde de toute ta quiétude, lassitude intense en moi qui se démange de te voir attendri par de tels écrits, à quoi penses-tu ? Je te sens me déchiffrer et ça me déchire de l'intérieur, je sens que tu m'apportes mon cercueil alors que je ne veux que la cendre de mon corps sous le poids de la torture. Nous créons nos échecs et ma tête éclate de te voir penser si haut lorsque tu es si bas. De te sentir ici lorsque tu es là bas. Et pourquoi ?
Et toi dans tout ça, qu'en penses tu ? Pourrais tu un jour prétendre au titre de noblesse, des orchidées qui nous entourent et au détour d'une rue nous kidnappe. Je t'aime à force de refus, je t'aime comme on libère, je t'aime et c'est tant mieux pour toi. Mais maintenant laisse moi choisir entre la folie des hommes et celle de Dieu qui me piétine d'humilité et je frissonne à l'écouter, cette armée de sirènes dansantes. Je les écoute et je meurs en tombant de haut pourtant tu n'es pas loin devant mais bien en dessous si le mouvement est vers le bas, comme quoi...
Je voudrai t'entendre hurler mon nom de colère ardente au feu de la lumière, et pourquoi pas te répondre et te dire combien tu m'as haïs avec toute cette histoire de politesse déçue. Tout ça n'a rien à voir avec eux mais tu y prétends et par conséquent tu dois m'y retrouver dans cette petite mort. Pas d'injure mais le coeur y est. Je le jure. Cette fois ci. Puis rien, rien d'autre que le clafoutis de ma grand mère, qu'elle était belle ma grand mère, de son âme et de son impatience je n'ai le souvenir que pour vous le dire, je l'aimais et voilà qu'elle redescend lentement les profondeurs de mon inconscient et resurgit ce jour, j'ai les oreilles qui sifflent, elle vit en moi, je l'entends, pars. Je veux te revoir de devant, et maintenant. Tu es partie trop vite et je n'étais pas prête, tu devais me laisser des choses, tu ne l'as pas fait et me voilà démunie, tu es partie trop vite et tu l'as laissé faire, toi tu l'aurais senti et tu lui aurais dit, il paraît qu'on ne fait pas deux fois les mêmes erreurs car je t'en veux tout de même encore de l'avoir laissé prendre pour elle cet infamie au masculin qui a fait de moi ce que je suis et qui aurait mieux fait de vendre son âme au diable avant l'heure car lors c'est fait, alors à quoi bon avoir attendu de m'enfanter dans la douleur de l'âme perturbée et de la souffrance de la différence, je ne m'assume et me consume, jour après jour tu as les doigts qui porte le sang de mon écriture révolutionnaire, elle t'en veux tout autant que moi et pourtant tu l'attends bras ouvert, comment la trouveras tu quand elle sera sans toi là où tu ne l'attends pas, tu n'y croyais plus toi et pourtant.
On paye tous la même somme de départ et à l'arrivée d'autre se joignent à nous pour nous faire comprendre sans pour autant nous expliquer que la vie c'est de la poésie sombre de l'incohérence persistante qui la régénère de siècle en siècle au rythme de l'égoïsme des hommes, les lumières sont éteintes et tu reviens pour de bon mais je ne suis plus là car je meurs ce jour, je meurs ce jour, je meurs ce jour et je m'arrête d'y croire, mon âme sort, je meurs ce jour et j'aimerai que mon inconscient puisse me dire autre chose que la mort de mon âme en conscience.
Patience.
29 mai 2008
A ma DRH préférée - Juhne (spéciale dédicace à Rom)
- "Je pardonne votre impatience, elle va avec votre jeunesse. Votre génération toute entière veut tout, tout de suite.
- C'est que votre génération est patiente, elle. Une petite vie pourrie pendant quarante ans et puis un beau jour, pétage de plomb. Divorce. Libertinage. Garde alternée. Libertinage. De nouveau. Ahhh... C'est vrai qu'elle est belle la crise de la quarantaine avec sa prise de conscience extra-céphalée : "Il ne me reste plus que quarante ans à vivre, à tout casser et j'en ai fait quoi de la première moitié ? Rien, rien de c'que j'voulais..." Vous voyez Madame Teigne, ma génération a le sens de l'observation, elle. On vous a vu à l'œuvre vous autres, "les patients". On vous a vu à l'œuvre et on a tout de suite compris que nous, on n'attendrait pas quarante ans pour tout envoyer en l'air et que même si on devait passer pour des enfants gâtés qui veulent tout, tout de suite, on assumerait. Je la méprise votre génération de dictateurs lâches qui ont oublié que s'ils ont bel et bien commencé de rien c'est parce qu'on leur en a donné la possibilité et que tout compte fait c'est quand même plus facile que de devoir partir de tout sans en pouvoir rien. Je parle de cette expérience dont vous nous rebattez les oreilles depuis notre tout premier CV. Cette expérience que l'on est sensé acquérir en rêve j'imagine parce que jusqu'à ce jour je n'ai encore trouvé personne qui veuille de moi et de mon splendide bac plus trois avec mention. Personne."
Ouais, c'est ça que j'aurais du lui dire à cette sale bonne femme. Je la méprise.