À la poursuite du vent

L'auteur sans cible s'attaque à la poursuite du vent, sans prétention. "et les rêves sont faits de nous et nous sommes faits de rêves" Aragon

30 mai 2008

Rococo & Cie - Juhne

poursuis ta route
défais toi des doutes
quitte à pousser mémé dans les orties

TU VIS juste à temps pour être en retard
TU VIS juste assez pour en redemander

pas de regret
c'est pour les morts
pas de remord
c'est démodé

TU VIS justement pour moins peser
TU VIS juste ciel pour t'élever

pas de cri
c'est très mal vu
pas d'ami
c'est corrompu

TU VIS juste ici pour t'approcher
TU VIS juste là pour t'éloigner

pas d'histoire
c'est sans espoir
pas d'éthique
c'est archaïque

TU VIS juste seul pour t'oublier
TU VIS juste triste pour aimé demain

pas d'enfant
c'est pour les grands
pas d'argent
c'est dégradant

TU VIS juste une fois pour commencer
TU VIS juste une fois pour une fois

pas d'envie
c'est s'accepter
pas d'été
c'est défraichi

TU VIS juste juste pour toi
TU VIS juste trop pour moi

poursuis ta route
défais toi des doutes
quitte à pousser mémé dans les orties

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29 mai 2008

A ma DRH préférée - Juhne (spéciale dédicace à Rom)

- "Je pardonne votre impatience, elle va avec votre jeunesse. Votre génération toute entière veut tout, tout de suite.
- C'est que votre génération est patiente, elle. Une petite vie pourrie pendant quarante ans et puis un beau jour, pétage de plomb. Divorce. Libertinage. Garde alternée. Libertinage. De nouveau. Ahhh... C'est vrai qu'elle est belle la crise de la quarantaine avec sa prise de conscience extra-céphalée : "Il ne me reste plus que quarante ans à vivre, à tout casser et j'en ai fait quoi de la première moitié ? Rien, rien de c'que j'voulais..." Vous voyez Madame Teigne, ma génération a le sens de l'observation, elle. On vous a vu à l'œuvre vous autres, "les patients". On vous a vu à l'œuvre et on a tout de suite compris que nous, on n'attendrait pas quarante ans pour tout envoyer en l'air et que même si on devait passer pour des enfants gâtés qui veulent tout, tout de suite, on assumerait. Je la méprise votre génération de dictateurs lâches qui ont oublié que s'ils ont bel et bien commencé de rien c'est parce qu'on leur en a donné la possibilité et que tout compte fait c'est quand même plus facile que de devoir partir de tout sans en pouvoir rien. Je parle de cette expérience dont vous nous rebattez les oreilles depuis notre tout premier CV. Cette expérience que l'on est sensé acquérir en rêve j'imagine parce que jusqu'à ce jour je n'ai encore trouvé personne qui veuille de moi et de mon splendide bac plus trois avec mention. Personne."

Ouais, c'est ça que j'aurais du lui dire à cette sale bonne femme. Je la méprise.

Posté par lauteursanscible à 21:53 - Tirades - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2008

n°28

Tu vois pas le nombre de soja qu'il faut traire pour faire un litre de lait...

Posté par lauteursanscible à 17:38 - Brèves de salon - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mai 2008

Y-avait - Sean

il n'y a aucune fleur qui pousse au raz des pâquerettes sans que je ne sois ébloui de sa présence

mais y avait cette fleur qui pour les autres ne poussait jamais assez droit dans mon coeur qui me guidait et m'aimait

écrivez tout ce que je dis
tel un souvenir pour l'avenir
vous le verrez pleins de soupirs
qu'a-t-on fait pour l'aimer lui

pas un autre ne vous le dira
c'est encore une question
qu'on pose toujours sans raison
comme l'air chanté par une diva

ça résonne se frappe le coeur
un ivrogne de l'amour des mots
c'est bien moi la tête dans l'eau
ruisselante sitôt prise de peur

il n'y a aucune réponse qui soit assez satisfaisante pour que tout le monde y adhère alors arrêtons de poser des questions

mais y avait cette réponse suffisante pour vivre tranquille sans regarder les autres sans jamais regretter ce qu'on était

écrivez votre quête du bonheur
c'est un souvenir oublions le
de la même manière que Dieu
que vous rejetez de tout coeur

une question reste tout de même
pourquoi nier notre évidence
témoins les mots de l'errance
il y a toujours quelqu'un qui aime

c'est une vérité qui sonne bien
mais qui est souvent trop belle
pour être vrai pour certain cruelle
elle me libère de tous mes liens

il n'y a aucune pression qui soit trop évidente pour nier la réalité j'aime et je sais quoi alors écrire devient une louange à la vie que je veux toujours plus belle et puissante

mais y avait cette pression de toujours vouloir faire mieux pour atteindre l'hauteur sans cible qu'on s'était promis d'aimer

Posté par lauteursanscible à 00:54 - Poésies - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Juhne

"je voudrais insister
mais ma plume a séché
au regard du talent
qui anime tous ces gens"

je pense que c'est le meilleur commentaire de ces vers que je pouvais faire.

Sean.

Posté par lauteursanscible à 00:34 - A méditer - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2008

Je flambe - Juhne

hier
j'offre une glace
au soleil
le jour décline
et révèle
coi
"je languis la lune
fonds-toi à moi"
la nuit sur nous
pelage ardent
dévoilé
se gargarise
d'une glace
lunaire

Posté par lauteursanscible à 23:36 - Poésies - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tout le loisir du monde - Juhne

c'est comme si le monde entier
en avait fait assez
que pour moi ici bas
de place il n'y avait pas

je voudrais insister
mais ma plume a séché
au regard du talent
qui anime tous ces gens

ils ont tout essayé
et que m'ont-ils laissé ?
le loisir d'exister
et ne rien espérer

Posté par lauteursanscible à 23:01 - Poésies - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sean, j'adore cette chanson, vraiment...

free music

à écouter sans modération

Posté par lauteursanscible à 20:51 - Humeur - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

n°27

les playmobils, ils ont tous la même pointure.

Posté par lauteursanscible à 14:42 - Brèves de salon - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mai 2008

Apollinaire - Lettre à Lou

le 23 avril 1915

Mon Amour,
Lu et relu ta mignonne petite lettre du 19. Tu es tout près de moi dans mon colombier.

Amour-Roi
Dites-moi !
La si belle
Colombelle
Qu'on appelle
Petite Lou,
Dites, où
Donc est-ell
Et chez qui ?
- Mais, chez Gui

Tu lis des bouquins menottiers, mais tu pourrais au moins dire les titres pour qu'on sache et donner ton jugement sur ce que tu lis. Il y a d'ailleurs beaucoup d'imbecillités. Dis à ma concierge que si elle reçoit des lettres envoyées par le brigadier G. de Kostrowitzky à Monsieur Guillaume Apollinaire, qu'elle te les donne, car pr ne pas multiplier les envoies à toi, je m'en envoie que tu peux décacheter; dans le prochain et premier envoie de ce genre, il y a un journal américain où on a reproduit un de mes poèmes, tu déposeras ces papelards chez moi, simplement. Je ne sais si je me trompemais il me semble que les pauvres poilus de ma pièce sont plus intelligents, les conducteurs aussi bien que les servants. Tu m'a écrit Lou que tu avais bons tuyaux et que nous nous reverrions vite. J'avoue que malgré tout, rien, ma chérie, ne laisse encore supposer cela.
Oh ! La lenteur !
Tu sais que ma méthode, Lou, est d'observer ce qui tombe sous mes sens pour en déduire ce qui est en dehors de mes sensations immédiates. Je crois qu'une petite chose quelle qu'elle soit est si grande qu'elle donne l'image d'une plus grande encore et des plus grandes toujours ou des plus petites encore, à l'infini...

Posté par lauteursanscible à 19:48 - A méditer - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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